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 Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton

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domi31

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MessageSujet: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mar 2 Juin - 18:07

Le vent insidieux le réveilla en sursaut. Les hautes cimes des arbres frissonnaient, par petits groupes les sapins se regroupaient pour se protéger du froid. Les épines tombaient, virevoltaient, se plantaient en dessinant un tapis vert profond. Soudain un lugubre son retentit dans la clairière de la forêt, la grosse toux rauque de Gaston Leglouton résonna.
-Qu'est-ce que je fais là? se demanda-t-il en se grattant la tête avec ses ongles sales. Mais pourquoi je suis allongé par terre comme un mendiant? continua-t-il.
Puis il se leva d'un coup, entama une drôle de danse, sautilla d'un pied sur l'autre, enleva une vieille chaussure d'une main, de l'autre se gratta le dos, le tout en jurant.
-Ah crédiou! Au nom de toutes les bières chaudes et fades, quel mauvais farfadet m'a lancé mille flèches dans tout mon corps?
Il se trémoussa, puis à cause d'un geste maladroit son pied déchaussé se posa sur le tapis d'aiguilles. Un second hurlement, plus douloureux que le premier tonna. Il comprit qu'il avait reposé sous de multiples d'aiguilles et que ces dernières s'étaient infiltrées dans tous ses habits.
-Ah! Cette journée s'annonce bien décidément! Maintenant je dois tout enlever pour tout épousseter! ronchonna-t-il.
Nous retrouvons notre malheureux Gaston quelques instants après, assis sur une pierre, les deux souliers aux pieds, les habits remis, maugréant et grommelant:
-Assez perdu de temps, je dois aller rendre visite à mon cousin. J'ai déjà perdu assez tardé... à cause de ces maudits brigands qui m'ont dépouillé et assommé! se remémora-t-il.
Le voilà qui se relève, fait un tour sur lui-même et constate à l'évidence que quatre chemins s'offrent à lui. Il se gratta à nouveau la tête et des petites épines tombèrent, il réfléchit. Il était perdu. Le mieux serait qu'il prenne le chemin menant à la falaise pour s'orienter. D'un pas devenu guilleret il s'avança sur le chemin. Le soleil resplendissait, les oiseaux gazouillaient, tous les petits êtres de la forêt profitaient de la douceur de cette journée. Les pas de Gaston étaient déterminés, une main sur la hanche, un brin d'herbe entre les dents il sifflotait une chanson martiale.
Après tout ce n'était qu'un accident, qu'un obstacle, qu'une épreuve du destin qu'il avait héroïquement surmonté! Un mouvement dans les buissons attira son attention, des sortes de grognements s'en échappèrent, il vit du pelage gris.
-Tiens un sanglier, pensa-t-il.
Il marcha plus silencieusement afin de ne pas se faire charger par la bête. Mais le vent se leva encore une fois et une quinte de toux le prit. Alors les buissons s'agitèrent et un troll surgit pesamment, une massue à la main.
-Mince, mince, mince, mince, répéta Gaston.
Dépourvu de talent de chasseur, il s'enfuit avec lâcheté. C'était sans compter l'esprit joueur et rancunier des trolls: réveillé de sa sieste, il allait se mettre en appétit en courant derrière cette petite créature couinante.
Gaston sauta lestement, la peur lui donnant des ailes, sur une branche de sapin. Dépité, le troll vit sa proie disparaître devant ses yeux et après un moment, s'en alla tristement en traînant sa massue.
-Il était moins une, souffla Gaston.
Il n'osait plus descendre de son refuge salvateur qui de plus était fort confortable. Lorsque Gaston voulut profiter de son point de vue pour vérifier s'il ne s'était pas trop écarté du chemin, des rongements attirèrent son attention.
-Des castors maléfiques! lâcha-t-il à mi-voix.
En effet, des castors aux longues dents d'argent s'affairaient en bas du tronc de l'arbre, le plus gros d'entre eux au pelage luisant, donnait des ordres et indiquaient à ses compères à quels endroits mordre dans l'écorce et comment bien ronger. Gaston s'agita du haut de son perchoir:
-Hé! Oh! non mais... ! Arrêtez! Ce n'est pas possible, s'énerva-t-il. Mais pourquoi toujours moi? pleurnicha-t-il.
Hélas, les castors ne l'écoutèrent pas, ce fut à peine si le chef castor lui jeta un regard morne en battant en rythme le sol de sa queue. Puis il leva sa patte bien droite, Gaston leva ses sourcils d'un air perplexe, et l'arbre tomba. Encore une fois Gaston se retrouvait  par terre, cette fois-ci coincé sous les branches, des feuilles dans le visage. Tant bien que mal, il s'extirpa de cet amas confus. Il vit les castors s'éloigner en tirant l'arbre, il fut à nouveau seul. Il sentit une atroce douleur venant de son nez, il tenta avec sa main de le toucher pour évaluer les dégâts, mais un cri lui échappa: il avait trop mal. Maladroitement il revint sur le chemin et ne fit que quelques pas avant d'entendre une voix fraîche s'exclamer:
-Valeureux guerrier! J'ai entendu votre cri déchirant. Preux soldat, puis-je vous venir en aide?
Gaston Leglouton se retourna:
-Plutôt jolie, se dit-il.
L'elfe était vêtue d'une tunique verte, ses grands yeux bleus le fixaient avec attention.
-Ah! s'écria-t-elle alors.
Gaston effrayé tourna la tête derrière lui de peur de voir apparaître l'affreux troll hideux.
-Non, votre nez! lui expliqua-t-elle. Il est tordu, cassé, il fait un drôle de virage! Tenez, je vais vous soigner! Oui, n'ayez pas d'inquiétude, je viens de finir mon stage à l'hôpital elfique avec félicitations!
Gaston voulut la remercier mais elle avait déjà commencé sa formule et le temps qu'il comprenne, il eut un nouveau nez.
-Ouh! s'exclama l'elfe, il est encore plus tordu et hideux qu'avant!
Gaston tâtonna son nez en réprimant de gros sanglots, tandis que l'elfe enchaîna un autre sortilège qui fonctionna de justesse.
-Et voilà! clama-t-elle avec un large sourire de satisfaction, il est tout beau, tout neuf votre nez!
-Merci, murmura Gaston pantelant.
-Je dois vous laisser mon cher chevalier, j'ai un cheval à soigner!
Sur ce, l'elfe laissa Gaston seul la main sur son nez. En titubant, il continua le sentier vers la falaise. Il arriva enfin en bas de cette dernière. Tout joyeux, Gaston constata que la montée n'allait pas être aussi rude qu'il eut craint. Deux heures plus tard, il maudit son cousin et cette sotte idée de monter en haut, et surtout les trous dans ses chaussures. Ses orteils dépassaient de ses vieux souliers et des petits graviers pointus se coinçaient sous la semelle ce qui provoquaient de désagréables massages. Enfin arrivé en haut, il vit une étrange créature ailée trôner au sommet de la falaise. D'un pas chancelant, il avança pour mieux voir cet être qui était un sphinx fixant avec avidité Gaston. Celui-ci déterminé de retrouver son cousin, se lança d'une petite voix:
-Excusez-moi, est-ce que vous auriez la gentille amabilité de m'indiquer le chemin menant au village Trifouilli-les-Oies?
-Petit humain, tonna la créature, tu as fait un long voyage rempli de péripéties afin de passer dans l'autre-monde, résous mon énigme et la voie te sera dévoilée. En cas d'échec, tu satisferas mon ventre, susurra-t-elle.
Pour unique réponse, un long gémissement sorti de la bouche de Gaston. Le malheureux! Il voulait seulement connaître le chemin pour aller voir son cousin. Et le voici terrifié, figé par la peur devant cet être imposant.
-Quelle est la locution habituelle des situations désastreuses? l'interrogea le sphinx.
Une minute de silence suivit l'énigme, de grosses gouttes de sueurs coulèrent le long du nez de Gaston qui bégayait des protestations incompréhensibles.
-Alors...? murmura-t-telle d'un ton impatient presque dangereux. N'oublie pas que tu n'as qu'un seul essai, si tu rates... chuchota la monstrueuse créature en se léchant les babines.
Gaston prit une profonde inspiration, il n'avait pas parcouru tout ce chemin pour être mangé par une horrible femme mi-lion, mi-aigle! Il voulait connaître la route et il allait la connaître.
-La réponse est... (Oh la la je n'y arriverai jamais songea-t-il désespéré) oh et puis M****... enfin excusez-moi, je voulais dire MINCE pour votre énigme!!! s'exclama-t-il.
-Bravo, roucoula le sphinx, la politesse a un prix, il est malencontreux que peu de personnes le sachent .
-...Pardon ? balbutia Gaston tout décontenancé, tout surpris.
-Alors pour atteindre l'autre-monde, continua la créature, tu n'as qu'à sauter dans la mer un portail s'ouvrira. Bonne chance et adieu.
- Mais...mais je veux juste que vous m'indiquiez le chemin vers Trifouilli-les-Oies ! pleurnicha-t-il
-Je ne suis pas un guide ! rétorqua le sphinx. Je ne suis qu'une gardienne. Saute et adieu.
-Je ne suis pas un de ses preux chevaliers comme dans les histoires, je ne suis que le pauvre Gaston Leglouton que les dieux s'amusent à torturer ! geignit-il.
Il se retourna violemment et tenta de s'enfuir en courant, mais sous ses orteils sans protection, vint se planter un caillou. Il sautilla en se tenant le pied endolori et pour comble de malheur, trébucha et  chuta dans les eaux sombres de la mer.
-Mais quel Gogol celui-là, sourit le sphinx.
Un tourbillon de couleur vives suivi de couleurs plus ternes s'ouvrit sous les pieds du malheureux Gaston Leglouton. Il ne put empêcher un cri de terreur de sortir. Il crut que cette tornade étincelante n'en finirait jamais, il vomit tant son estomac bougeait. Il vit une petite tache bleuâtre apparaître qui  ne cessa de s'agrandir. C'était la fin.
Un portail s'ouvrit vingt mètres au dessus du sol de l'autre-monde, et au cœur de cette tempête un petit humain perdu fut propulsé. En chutant, il resta accroché dans des branches tordus d'un sapin.
-Oh non, soupira Gaston, encore des sapins...




Suite à de nombreuses acrobaties, notre cher Gaston se trouva au pied du sapin, avec en prime une multitude d’égratignures zébrant sa peau pâle. Il jura contre tous ces arbres, surtout ceux possédant des aiguilles. Puis il s'assit, et songea à l'endroit où il se trouvait et à son nom : l'Autre-Monde. « Ils n'avaient vraiment aucune imagination, les personnes qui l'ont découvert», songea-t-il. Il n'en avait que très peu entendu parler, ce n'était que les plus valeureux et les plus héroïques chevaliers qui osaient s'y aventurer. Pas des personnes de son milieu en somme. C'était un endroit rempli d'or, mais il était maudit. « Cela ne peut pas être si horrible que ça », se dit-il pour reprendre courage.
Il sauta sur ses pieds, et s'enfonça dans la forêt de sapins. Il marcha, marcha, et marcha sans voir l’once d'un chemin. Il commença à chanter à tu-tête, cela faisait passer le temps, puis il siffla ! Des oiseaux, perchés dans  un arbre devant lui, sifflotaient à leur tour. Gaston crut qu'ils chantaient avec lui, fou de joie, il vint se positionner devant l'arbre et siffla un autre air. Et... attendit, les oiseaux ne répondant pas, impatient, il leva la tête et vit alors deux boules de plumes qui l'observaient avec des gros yeux rouges. En un clin d’œil, ils foncèrent sur Gaston, l'assaillirent, l'attaquèrent, le picorèrent, déchirèrent sa peau, ses vêtements. Il se défendit en vain, ces bestioles étaient bien trop rapides, il appliqua la stratégie du repli, et courut se réfugier dans un buisson, sans épines. Les oiseaux satisfaits de leur carnage, s'envolèrent innocemment vers un autre arbre.
Gaston, les yeux écarquillés, les poils hérissés, les membres tremblants, la peur sur le visage, s'interrogea sur cet enfer, où les choses les plus innocentes étaient des démons. Il lui fallut une bonne demi-heure, avant de sortir sa tête du feuillage, et une autre pour quitter sa cachette. Il courut, son souffle devint de plus en plus rapide, sa vision se troubla, il n'avait pas l'habitude de se mouvoir ainsi. Il s'arrêta net, il n'avait plus de respiration, cette forêt de conifères l'étouffait, il sentait à peine la bise caresser ses joues. Il s'adossa contre un épicéa, il était dans un océan vert émeraude, devenant vert sombre, vert platine, puis noir. Ses paupières se fermèrent, son souffle devint régulier, notre valeureux héros dut faire une petite pause pour reprendre ses forces, il lui restait tant à découvrir...
Les rayons de soleil de midi parvinrent, malgré l'abondance de verdure, à titiller la joue de Gaston. Celui-ci remua pour leur échapper, se déplaça, puis un sourire satisfait illumina son visage. Le soleil descendait lentement, et laissait, derrière lui, une lueur orangée. La forêt s'anima lentement, des chants d'oiseaux se firent entendre, des grognements s'échappèrent d'un buisson, Gaston resta de marbre face à ces bruits. Des grattements provinrent des frondaisons , puis l'animal couina. Par une force surhumaine, Gaston entrouvrit son œil droit, ne voyant rien, il le referma. Un second couinement retentit, puis une chose vint frapper le crâne de l'endormi. Il se redressa en moins de deux, et observa ce qui l'avait blessé : un gland ! Il fixa, hébété, ce gland. Apparut alors devant lui, un petit mammifère brun avec des yeux rouges semblables à ceux des oiseaux. Il commença à grogner, à taper frénétiquement des pattes. Gaston, fervent admirateur de la nature, reconnut un écureuil roux. Il se leva avec ardeur, et dévisagea l'animal toujours trépignant sur place. Ce dernier résolu à récupérer son dîner, fonça sur Gaston, mais son ventre fut percuté par quelque chose de noir. Il s'envola, et atterrit plus loin dans un arbre. Gaston reposa son pied.
J'en n'ai plus que marre, de ce monde ! Qu'ai-je fait aux dieux pour mériter cela !,se lamenta-t-il.
Il soupira, et reprit sa marche.
Par chance, il ne lui arriva rien d'autre, il marchait, le soleil mourait derrière les arbres. Il trouva finalement un chemin en terre battue. Il prit une direction au hasard, et espéra trouver une auberge avant la tombée de la nuit. Seulement, il n'y avait aucune habitation, et au bout d'un quart d'heure, la nuit s'assombrit au fil des minutes. Alors que notre héros était au bord du désespoir, il vit luire un feu à quelques kilomètres. Il se hâta de rattraper la lueur, il fendait l'air. Plus il se rapprochait, plus la lumière des torches augmentait, et des voix graves se faisaient entendre.
-Ohé ! Arrêtez-vous compagnons d'aventures !, les interpella Gaston.
Les concernés se retournèrent, la flamme dévoila leur visage ainsi que celui abasourdi de Gaston. « Ce sont... Ce sont... des... des... des nains ??? Des nains dans une forêt ?? »
-Mouais, qu'est-ce qu'il y a le clampin ?, grogna le nain avec la plus grosse barbe.
-Ben réponds, grommela un nain blond.
-Heu...,que leur dire se demanda Gaston. Pourriez-vous m'indiquer une auberge ?, mieux vaut être poli avec des nains se dit-il.
-Mouais, t'en as une à une journée de marche, mais nous pouvons toujours t'accueillir, railla-t-il en regardant ses compagnons.
-Tout cela dépend de l'épaisseur de ton porte-monnaie, renchérit ce dernier.
Gaston venait d'un milieu guère aisé, il avait surtout des pièces de bronze, les voleurs lui ayant volé toutes ses pièces d'or. Tout le monde savait que les nains étaient de grands escrocs, ce serait une cause perdue d'essayer de négocier ! Seulement, il ne voulait pas marcher une journée, il était affamé, fatigué, avait des vêtements pouilleux. A regret, il dit :
-Bien sûr, j'ai suffisamment pour une nuit.
Il savait qu'il allait être ruiné.
-Parfait, suis-nous., ricana le nain à la longue barbe.
Le trajet dura vingt bonnes minutes, ils sortirent du chemin, et prirent un sentier se dirigeant vers des cavernes. Gaston dut supporter des blagues de nains et des histoires de grands héros nains. Il opinait du chef à chaque remarque.
Gaston fut stupéfait devant l'architecture des cavernes, les nains étaient si habiles, qu'ils avaient taillé la paroi de la grotte. On pouvait y voir, des dragons crachant du feu sur des nains protégés par leurs boucliers, des nains charger des peaux vertes, un nain brandissant un marteau de guerre qui attirait des éclairs, il était sur un char tiré par des sangliers en armure, tout cela incrusté d'argent, de diamants et d'émeraudes.
-C'est Thoril, le plus grand des nains !, dit fièrement Glördil le chef de la petite troupe. A lui seul, il a gagné la bataille de Mihril, il a terrassé dix mille orcs avec pour unique arme une poêle et une louche !
L'invité soupira : les nains devaient toujours exagérer leurs histoires. Glördil accompagna Gaston jusqu'à une chambre vétuste sentant une affreuse odeur de renfermé, et meublée d'un lit défait, d'une table à trois pattes, d'une assiette fissurée garnie d'un pain et d'un morceau de viande, d'une carafe d'eau.
-Voici les appartements des aventuriers !, déclara le nain. A demain !
Il laissa Leglouton seul, qui se précipita sur la nourriture, puis alla roupiller dans son lit de paille. Il passa une bonne nuit à ronfler malgré cet arôme... Sous la grosse voix de Dlihül, le nain blond, qui clamait « Réveille toi l'paysan », notre aventurier se leva. Radieux, le nain s'en alla.
-Attendez, s'exclama l'endormi. Auriez-vous des habits à me donner ?
Gaston avait constaté que ses habits n'étaient plus que des haillons, il ne pouvait pas sortir ainsi.
-Mouais, on doit avoir ça, reste ici, je vais t'en apporter.
Génial, je vais devoir payer encore plus cher, ronchonna Gaston. Il joua avec ses pouces pour patienter, le blond revint avec des habits convenables.
-Et voilà, lorsque t'auras fini, j't'accompagne voir l'chef pour la note !
Il se changea en hâte, il se sentit déjà plus propre. Il avait l'air d'un riche paysan, malgré la chemise trop large. Il sortit rapidement, trop heureux de prendre une bouffée d'air frais. A l'entrée de la grotte, se tenait Glördil un papier à la main. Quand il vit Gaston, il le lui tendit, en disant :
-Alors, pour recherche d'un lieu sécurisé, location de la suite aventurier, dîner et petit déjeuner copieux, des habits dernier cri, cela nous revient à une somme de 120 pièces d'argent.
Face à ce montant astronomique, Gaston faillit s'évanouir. Il bégaya, des gouttes de sueur ruisselèrent sur son front. Il chercha désespérément de l'argent, il n'avait qu'une pièce d'or retrouvée au fond de son pantalon, dix d'argent, et cinquante de bronze.
-M'alors, marmonna Glördil.
-Heu, tenez une pièce d'or et dix d'argent, balbutia-t-il en s'essuyant le front.
Les nains le dévisagèrent d'un regard noir. Gaston bredouilla des prières, pourquoi les mauvais esprits étaient-ils toujours de son côté.
-Tu nous prends pour des crétins, l'paysous !, rugit le chef. Tout le monde sait que l'or vaut autant que de l'herbe, qu'il court dans tous les sillons de chaque montagne ! C'est pour ça, qu'on a été obligé de venir s'installer dans des cavernes, dans l'espoir d'avoir des minéraux rares ! Il n'y a que les idiots pour l'ignorer !
-Oui, mais... Inutile de leur dire que je ne viens pas de ce monde, se dit Gaston, ils ne me croiront jamais. Bon, ben, vous les prenez mes pièces d'argent, j'ai aussi des pièces de bronze.
Au mot de «bronze», les nains cessèrent de lui jeter des regards meurtriers, et l'observèrent avec grande  attention. Ce plouc aurait des pièces de bronze ? C'était impossible. A moins qu'il...
-Dis-moi, tu n'as pas la tête d'un voleur, ni même d'un assassin, encore moins d'un riche, à moins que tu ne sois un préleveur d'impôts, mais t'es trop hum... naïf pour l'être. Alors d'où viens-tu ?
Sidéré Gaston marmonna :
-… Du village Trifouilli-les-Oies, de la contrée Ziema, de la Terre de Coedwig.
-Ce n'est pas notre terre..., réfléchit le nain. Tu viendrais de... l'autre-monde?
Allez, c'est ma chance pour paraître héroïque, se dit Gaston.
-Évidemment, sinon je ne vous aurais pas posé des questions pareilles! Bon, si vous voulez bien m'aider, j'aimerais que vous me décriviez votre monde et que vous m'indiquiez l'emplacement du sphinx pour que je puisse rentrer chez moi.
Un murmure d'intérêt suivit cette réplique. Le chef envoya un nabot entrer dans la mine, puis fixa l'aventurier.
-Comme je l'ai dit l'or est devenu omniprésent à cause d'une stupide malédiction. Ce métal maudit a diffusé des neurotoxines rendant les animaux fous. D'ailleurs, il n'y a pas de sphinx dans le coin, par contre dans un caverne lointaine, niche le monstre gardien des mondes. C'est peut être lui que tu recherches.
-Bien sûr!, répondit le faux-héros d'un ton glorieux.
Intérieurement, il maudit son idée de se faire passer pour un grand homme, il devrait tuer un monstre. Et avec quoi ? Ses mains ? Un bâton? Alors qu'il songeait à son futur, le nain revint avec une petit bourse entre les mains.
-Voici, trente pièces d'or contre toutes tes pièces de bronze, lui expliqua Glördil.
Gaston, un peu futé, avait compris que les pièces de bronze valaient beaucoup. Il resta songeur, ce qui agaça le chef.
-Bon, avec cela un sandwich pour la route, et l'emplacement de la grotte.
-Mouais, est-ce qu'elle est loin ?
-Personne ne le sait vraiment, mais pour une personne telle que vous, elle sera facile à trouver !
-Dites, il y a-t-il des elfes dans cette forêt ?, demanda Gaston ; ainsi, il pourrait peut-être  avoir de la nourriture gratuite...
Il jeta un regard à ses compagnons, et répondit :
-Tous les elfes sont allés vivre dans les montagnes, l'or a dévoré leur cœur et leur esprit naïf, ils ont perdu la tête. Ce sont les êtres les plus belliqueux de la Terre d'Arany, avant même les barbares.
Et zut, pensa Gaston, adieu les bons repas elfiques !
-Bon, reprend-il, je voudrais trois sandwichs et une direction sûre.
Les nains lui dirent  d'aller vers l'Est, là où le soleil se lève. Ainsi partit Gaston, avec trente pièces d'or, trois sandwichs et une direction « sûre ». Fier de son affaire, il était plus déterminé que jamais à retourner chez lui. Il ne savait pas qu'il aurait pu avoir plus de pièces, mais personne ne peut négocier avec ces nabots. Peu de temps après, il se trouva sur un vrai chemin, les arbres étaient moins nombreux, et le sentier montait légèrement. Il pouvait bien observer le soleil, et il prit la direction du soleil levant. Au bout d'une heure de marche, il quitta le sentier et commença à grimper sur une colline. Les animaux étaient rares, de même que les arbres. Cela réjouissait Gaston, car il ne voulait surtout pas rencontrer d'animaux fous ! Il continua gaiement sa randonnée, gravit et descendit de petites ou grandes collines.
A midi, il escaladait le coteau sans se soucier de l'heure, néanmoins son ventre en gargouillant de plus belle, lui rappela que c'était le moment de manger. Cela fonctionna, l'homme s'arrêta au sommet, s'assit et mangea un des sandwich acheté aux nains. Il n'était pas fameux, mais remplit bien son estomac. Ensuite il contempla le paysage, il était sur une des plus hautes collines verdoyantes et devait redescendre pour aller dans une vallée. A une centaine de mètres, commençait à pousser une forêt. Il descendit d'un pas glorieux la pente. Il pénétra dans le labyrinthe de plantes, il était aux aguets de peur de se faire attaquer par des bêtes furieuses. Il ne vit rien de tout cela, mais il aperçut un campement de gobelins. Il devait y en avoir une dizaine, Gaston ne pouvant  les combattre, choisit de les contourner. Avec une discrétion exceptionnelle, il réussit à ne pas se faire repérer ! Quand il vit que les peaux-vertes étaient derrière lui, fou de bonheur, il sauta et commença à courir. Normalement seuls les elfes arrivaient à courir sur une pente regorgeant d'arbres et donc de racines. Gaston n'étant qu'un humain, et pas des plus agiles, se prit les pieds dans une racine et vit le malheur arriver, et regretta sa course stupide. Il s'en suivit une chute sans-fin, le valeureux homme se fit écharper par d'autres racines, des branches basses et quelques cailloux. Il se retrouva tout au fond de la vallée. Il gémissait à chaque mouvement, les bleus couvraient son corps. Il finit par se mettre sur pied, et se tenait courbé pour diminuer les douleurs.
Peste soient les esprits, bougonna Gaston. Crénom, une bonne bière ne serait pas de refus.
Il commença à marcher en chancelant, puis s'arrêta. Il ne savait pas quelle direction prendre. Il jura de nouveau, regarda le soleil, puis prit l'Est. Tout en titubant, il enlevait de petites pierres qui avaient trouvé refuge sous sa chemise. D'un coup d’œil, il découvrit un ruisseau,  et il se rua vers la source d'eau. Il put se désaltérer et panser les blessures les plus graves. Il resta un instant songeur : « Je me demande si j'arriverai à revenir sur ma Terre, les dieux sont vraiment étranges... Je n'ai rien fait de mal, et pourtant je me fais agresser par des bandits puis envoyer dans un autre monde ! Au nom de toutes les bonnes bières, si un jour je reviens à  Coedwig, je ne sortirai plus de chez moi!  »
Il se leva hardiment, et vit à l'opposé du ruisseau, une grotte. Il s'y dirigea mollement, et quand il fut assez près, il discerna, juste au-dessus de la porte, une sculpture en bas-relief d'un lion un peu singulier. Il était par endroit rouge, la peinture ayant dû partir au fil du temps, il avait une paire d'ailes et sa queue ressemblait à celle d'un serpent couverte de pointes. Était-ce le monstre dont les nains avaient parlé, se demanda Gaston. Il perdit son courage, et déambula devant l'entrée. «Dois-je entrer ou pas?» Puis il pensa à son village, et qu'il avait presque deux jours de retard. Sur sa défensive, il pénétra dans le couloir régulièrement éclairé par des torches, il déboucha sur une vaste salle. Des torches ornaient chaque mur, au centre se trouvait un puits, et derrière celui-ci se tenait le monstre: une manticore! Elle aperçut Gaston, et lui dit:
-Hola aventurier, serais-tu Gaston Leglouton, celui qui a résolu l'énigme de mon ami le sphinx?
Dans un premier temps Gaston fut surpris, il s'attendait à un combat mortel entre eux deux, puis il se reprit, et lui répondit d'une voix fluette:
-Oui, c'est bien moi.
-Parfait, alors as-tu bien aimé cette Terre? Non, oui? Bref, ce n'est pas important, alors tu as deux options pour rentrer dans ton monde: soit tu vas devoir affronter un monstre, soit résoudre une énigme bien plus dure que celle de Sfinga, heu pardon du sphinx.
-Heu, je prends l'énigme, murmura Gaston.
-Parfait, de toute façon tu n'as pas la tête d'un guerrier. Bref, si tu échoues, tu meurs, alors, écoute bien aventurier: j'ai quatre pieds, six pattes, cinquante dents, deux têtes et un œil, qui suis-je ?
Gaston détailla la manticore: une mâchoire de lion devrait comporter beaucoup de dents, une paire d'ailes, est-ce que cela peut être compté comme des pattes? Elle était peut-être borgne, mais pour les deux têtes...
Entre temps, la manticore fixait Gaston, Sfinga lui avait raconté comment il était tombé de la falaise, pas très doué mais apparemment rusé! Sa queue de scorpion frappait à intervalles réguliers le sol, décomptant les secondes. Au bout de dix coups, le lion vermeil se redressa et annonça la fin du temps.
-Alors quelle est ta réponse, mon petit? Et n'oublie pas, tu n'as qu'un seul essai...
-Oui, oui, je sais, baragouina l'aventurier.
Ce monstre n'a pas deux têtes, se dit-il.
-Tic-tac, je suis bien trop gentil, allez, réponds, sinon je ne te laisse pas cette chance.
-A propos de cette énigme, tu es un menteur !, répondit-il.
Les yeux du mi-lion mi-scorpion s'ouvrirent en grand, il était vraiment intelligent ce gogol, en effet il fallait deviner qu'un tel monstre n'existait pas! Tant il était ébahi par Gaston, il n'entendit pas la suite, et heureusement.
-Eh oui, tu n'as pas deux têtes, tu t'es mal décrit, ton énigme est fausse !, continua avec ardeur Gaston.
Il se sentit glorieux, prit la posture d'un héros: le torse bombé, la tête légèrement levée et les bras croisés.
-Parfait, félicitations, sincèrement je ne m'y attendais pas du tout! Bon, veux-tu aller dans un endroit précis de la Terre de Coedwig?, lui demanda gentiment la manticore.
-Bien sûr, j'aimerais aller au village de Trifouilli-les-Oies, dans la contrée de Ziema.
Aussitôt dit, le gardien des mondes clama des mots d'une langue inconnue, le puits changea immédiatement de couleur, et devint cyan, puis noir et finalement pourpre...
-Saute, et tu seras chez toi, adieu !
Notre héros salua la manticore, et ensuite bondit dans le puits ! Il reconnut le tourbillon aux multiples couleurs, fut ballotté dans tous les sens, et gémit malgré tout, car ce n'était pas agréable. Une tâche verte apparut et grossit. Un portail s'ouvrit cinq mètre au-dessus du sol, le malheureux crut qu'il allait mourir, mais par magie, il fut stoppé à un mètre de la terre!
Nous allons passer les moments où Gaston se plaignit d'un mal de ventre, où il allait vomir et les dix minutes de marche avant d'arriver à Trifouilli-les-Oies. Il fut accueilli par son cousin, fou de joie, qui le croyait mort. Gaston avait un jour et demi de retard ! On lui demanda de raconter son histoire, mais l'aventurier répondit que c'était une longue, très longue aventure...


Dernière édition par domi31 le Sam 7 Mai - 14:51, édité 5 fois
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lou
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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mer 3 Juin - 12:55

dude dude dude dude dude la suite la suite

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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mer 3 Juin - 13:00

Gaston Leglouton je le vois bien comme un gros nain, pas vous? youpi

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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mer 3 Juin - 14:46

Ah nan moi je le vois nain mais pas gros^^ Et je le vois hyperactif toujours en train de bouger partout bounce
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lou
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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mer 10 Juin - 21:10

plutôt comme E youpi youpi

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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mer 10 Juin - 21:44

youhou quelqu'un est d'accord avec moi!!! yolo cheerleading
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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mer 17 Juin - 22:16

Elle est super la suite!! Mais tu devrais envoyer un message pour prévenir quand tu écris une suite parce que sinon on la voit pas  No  Sad
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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Jeu 18 Juin - 13:18

tr live  live  live  live  live p biennnnnnn
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domi31

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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Jeu 18 Juin - 15:20

En fait à la base je ne pensais même pas écrire une suite, pour moi elle était finie (ok ça fait une fin plutôt abrupte mais j'ai vu ça plus tard) mais j'essayerais d'écrire la suite, pour l'instant j'écris une autre histoire.

Sinon merciiii miaw
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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Ven 19 Juin - 21:28

Alors bonne chance pour ton autre histoire youpi
Mais écris quand même une petite suite s'il te plait deadpitie
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domi31

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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Sam 20 Juin - 12:06

Merci!

Je te promets que j'écrirai une suite I love you
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Forêt Enchantée

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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Mer 24 Juin - 14:22

I love you merci Smile
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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Ven 26 Juin - 15:42

Cool!! youpi
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domi31

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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Ven 6 Mai - 19:16

La suite est enfin arrivée!
Enjoy! Smile live live live
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lou
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MessageSujet: Re: Les fabuleuses aventures de Gaston Leglouton   Dim 8 Mai - 16:00

wiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii affraid

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