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 L'étrange vie de Maria (lou déséspérée cherche critique)

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lou
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MessageSujet: L'étrange vie de Maria (lou déséspérée cherche critique)   Dim 27 Déc - 17:00

Maria s'était réveillée tôt ce matin du 25 décembre. Le soleil brésilien filtrait délicieusement au travers de ses rideaux en soie d'Inde. Elle tourna la tête vers son réveil automatique. Six heures. Fatiguée par la messe de noël de la veille, elle ne pouvait néanmoins plus fermer les yeux. L'idée de ses cadeaux prônant sous son sapin importé tout droit du Canada, brillant de mille feux rouges et dorés, remplissait ses pupilles d'une étincelle particulière. Vouée à attendre le réveil de ses parents, elle décida de se lever. Elle enfila ses  pantoufles et se dirigea vers la fenêtre. Après avoir ouvert les rideaux, elle jeta un regard sur l'allée. Les pavillons se succédaient, uniformes, entretenus, prestigieux. Devant chacun d'entre eux, comme devant chez elle d'ailleurs, se trouvait un petit jardin, tapissé d'un gazon vert éclatant, parsemé de quelques roses flamboyantes que dominait  une piscine à l'eau cristalline. C'est en contemplant ce quartier si familier de sa ville natale que la jeune fille se laissa emporter par la rêverie.
Soudain son regard se posa sur une silhouette qui faisait face au garde de la banlieue pavillonnaire.C'était un jeune enfant, un garçon. Son allure squelettique fit frémir Maria. Elle posa sa main sur sa propre chair comme pour se rassurer. Elle n'avait pas lâché du regard l'inconnu. La peau tannée de ce dernier reflétait le soleil matinal, lui donnant une allure quasi angélique. Malgré son jeune âge il semblait usé, délavé, comme ces jeans qu'elle jetait tous les mois à la poubelle. On aurait dit qu'il allait s'envoler au moindre coup de vent contrairement à ce militaire qui comme il se doit pour un homme de son rang, passait sa journée à s'empiffrer de gourmandises généreusement offertes par des admiratrices du quartier, et qui par sa carrure traçait bien la frontière entre ces deux mondes. Une frontière que signait sa maison, située au bout de cette rue, riche et luxueuse. Le père de l'adolescente lui avait répété à maintes reprises de se tenir loin de ce genre de « race » comme il le disait. Pour ses parents, il y avait les riches, bien élevés et utiles à la société, et le pauvres, vermines de la pire espèce. Le marmot tête baissé semblait dire quelque chose. Maria, enfante curieuse par nature, tendit la main vers la poignée de sa fenêtre afin d'entendre la conversation. Mais la retira aussitôt, peut-être était-il contagieux ? Allait elle « attraper » la pauvreté par la fenêtre ouverte ? Il ne fallait en aucun cas qu'elle s'y expose.
Le marmot avait fait quelques pas le long du grillage et s'était approché de sa villa. C'était à présent lui qui la fixait d'un regard scrutateur. Maria se sentit mal à l'aise. Sa robe de chambre blanche n'était pas prévue pour le public. C'est alors que sa prunelle se posa sur ce que portait l'inconnu. Maigrichon, il était vêtu d'une chemise bien trop grande pour son jeune âge, et dont les manches avaient été coupées grossièrement à des hauteurs différentes. Sa couleur originelle avait dût être le blanc, or le temps et le travail avaient posé un voile de boue sur la guenille, dont le teint se rapprochait du brun ocre, telle la peau du garçon. Son bas en lambeaux virevoltait au gré du vent. Il posa ses yeux émeraude sur ceux de Maria. Elle fit un pas en arrière dans sa chambre, prenant conscience de l'absurdité de la situation, se redressa, et dos droit, menton haut, fit admirer au garçon sa supériorité. Ses jambes flageolaient, la peur gagnait son corps. Elle n'avait jamais été aussi près de l'un d'entre eux. Cloîtrée dans son quartier confortable et parfait, elle n'avait jamais dû s'exposer au danger. Maria avait de plus en plus de mal à tenir sa position dominante, mais il ne fallait révéler sa faiblesse à l'ennemi ! Une autre vague d'émotion emporta l'adolescente: la curiosité. Elle voulait savoir d’où il venait, quel âge il avait, comment il avait attrapé la maladie et si la pauvreté se guérissait. Avait-il commis un pécher capital pour subir une telle vengeance ?
Le personnage en question avait disparu de son champ de vision. Démangée par ce vilain défaut que l'on appelle communément l’indiscrétion, elle fit quelques pas vers la porte-fenêtre de son balcon. Dans un élan de bravoure elle franchit le seuil de la terrasse. Elle se pencha et découvrit l'infant qui tentait désespérément de passer sa main à travers le grillage de son jardin qui dessinait la séparation entre son quartier et la route publique. Que voulait-il faire ? Peut-être avait-il l'intention de venir lui transmettre le virus ! Un cris étouffé remonta le long de la gorge de Maria. Elle aurait voulu fuir, la tête lui tournait, et il ne fallait pas que l'inconnu la repère. Mais elle voulait savoir! En regardant de plus près, un poids lui tomba des épaules. L'étranger ne représentait pour le moment aucun danger. Il essayait d'attraper une pomme tombée sous le pommier au fond de son jardin. Ses mains étaient déjà écorchées par le grillage d'acier et un sang vermeil s'ajoutait à la boue de sa chemise.
Maria s'amusa à la vue des échecs du marmot. On rit bien tous les jours sur les bêtises de quelques animaux sur youtube, qu'y avait il de malsain dans toute cette situation ?  Une question la fit descendre de son nuage. Malgré sa maladie, n'était-il pas humain, comme elle ou les autres de son quartier ? Pourquoi devait-il pour cause d'une simple infection, être privé de toutes les bonnes choses de la vie ? Elle, ne subissait pas cette exclusion lors de ses bronchites, coliques et autres, alors pourquoi lui ? Pourquoi, elle, jeune fille de bonne famille, bénéficiait d'un traitement à part ?
Elle faisait partie de la Gated Community la plus prestigieuse de Rio, tous l’enviaient, à ce qu'il paraît, les « pauvres » tueraient pour une place dans ce royaume de villas et petits châteaux.
Son père disait toujours que les « vermines » ne devaient pas pénétrer dans cette rue, car sinon les intra-muros perdraient leur sens.Devait-elle chasser ce jeune marmot aux yeux d'un vert somptueux, n'avait-il vraiment rien à faire dans cette partie de Rio de Janeiro ?
La messe de la veille avait prôné l’altruisme, et avait loué la justice dans le monde et la bonté de Dieu. L'aide de son prochain et la générosité de cette société. Mais avait-elle mentionné les gens atteints de « pauvreté » ? Non. Ils semblaient inexistant aux yeux du prêtre, les importants de la nation étaient réunis et les autres n'en valaient pas la peine. Les fantômes du peuple. Maria surprise par ses pensées se laissa tomber sur son lit. L'air commun qu'elle avait respirer avec l'enfant lui avait remué les esprits. Comment avait-elle pu en venir à de telles réflexions? C'était un non-sens. La société était bien faite, et sa présence ici, avait été durement méritée par son père, qui ne voulait que la protéger du danger du monde extérieur. Les inconnus, les infectés, les fantômes, n'étaient pas les bienvenue chez elle.
Mais ce jour était saint. Le jour du partage, et du don de soi. Le jour de l'amour. Et ce marmot qui semblait ne rien posséder ne demandait qu'une pomme. Naïve mais philanthrope, Maria voulut aider cette âme malade.  
Elle descendit les escalier à toute allure. Son père réveillé par le vacarme de sa fille et du chien qui la suivait en aboyant se précipita hors de sa chambre pour sermonner la jeune fille qui avait pour consigne de rester dans sa chambre jusqu'à l'arrivée de la bonne. C'est alors qu'il vit Maria faire coulisser la vitre de la véranda et se précipiter pieds nus, cheveux emmêlés, et en robe de chambre dans le jardin. Confus il la suivit. Maria ne réfléchissait plus, elle ne laissait plus des yeux le jeunot.
Celui-ci, tel une gazelle effrayée avait fait un pas en arrière en la voyant courir vers lui.
La jeune fille un fois arrivée sous le pommier reprit son souffle puis se baissa pour ramasser trois pommes, les plus belles et les plus mûres pour les offrir à l'inconnu. C'est à ce moment précis que résonna le voie grave de son père dans la ruelle. « Garde » cria-t-il. L'écho se prolongea de longues secondes. Maria restait immobile, prise de peur. Les pas du militaire résonnèrent dans la rue. « Non » cria Maria d'une voix étranglée.Mais il était trop tard. Un coup de feu retentit. Le corps squelettique tomba à terre. Le chien couina. Maria hurla de terreur. Les pommes roulèrent au sol, et la jeune fille tremblante s’effondra, les yeux rivés sur le sang vermeil qui se répandait sur l'asphalte chaud de l'autre côté du grillage.
Et le corps de l'enfant brillait de mille feux sous le soleil. Tel Phébus couvrant du regard son ange tombé du ciel.

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MessageSujet: Re: L'étrange vie de Maria (lou déséspérée cherche critique)   Mar 5 Jan - 23:04

Génialissime!!!!
J'adore le concept où la pauvreté serait une maladie, et la façon dont tu l'as tourné, et puis aussi la description, qui, bien que se basant sur un point de vue décalé, décrit parfaitement la situation de ces villes séparées en 2.
J'adoooooore!!
Et tu pourrais faire une suite avec d'autres échanges entre les deux mondes qui ferait évoluer le point de vue de Maria!!!!
Sincèrement c'est hyper cool!  (à part les quelques fautes de syntaxe et autres mal-alaise lol) mais je ferme les yeux sur ça tellement le texte est bien.
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MessageSujet: Re: L'étrange vie de Maria (lou déséspérée cherche critique)   Jeu 7 Avr - 13:01

la police de l'écriture demande l'autorisation à lou pour corriger son texte. grumpy smile

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MessageSujet: Re: L'étrange vie de Maria (lou déséspérée cherche critique)   Mar 19 Avr - 11:31

corriger le texte tu peux

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MessageSujet: Re: L'étrange vie de Maria (lou déséspérée cherche critique)   Sam 11 Juin - 0:08

c vraiment trop trop bien 10 youpi

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MessageSujet: Re: L'étrange vie de Maria (lou déséspérée cherche critique)   Lun 13 Juin - 20:33

J'aime le concept, après il reste à voir si elle est capable d'évoluer ou pas ... Cet aspect me manque mais il peut vite être changé Smile Vive la suite !

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