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 Magissa

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domi31

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Messages : 36
Date d'inscription : 28/05/2015

MessageSujet: Magissa    Jeu 5 Jan - 15:24

Ce n'est pas une histoire d'horreur, elle est plus tragique, mais vu qu'il n'y avait pas cette catégorie, je l'ai mise ici. Bref, bonne lecture Wink

Cela faisait maintenant une semaine... Une semaine qu'elle est partie en laissant derrière elle, un corps sans âme. Ce jeune homme brun aux yeux éclatants, à la vivacité d'un aigle était fou amoureux de Magissa une  grecque, qui habitait depuis toute petite la France. Cela faisait seulement deux mois qu'elle vivait dans la même ville que Nathan. Elle avait le port d'une déesse, Nathan était directement tombé amoureux d'elle, elle prit son temps, joua avec ses sentiments et finalement l'accepta. Ils étaient ensemble depuis un mois, ils étaient dans un état d'euphorie. Malheureusement la belle fille était atteinte d'une malade incurable, elle cacha son secret et ne le révéla à son amant qu'avant son décès. Dès lors, il était mort de l'intérieur, les oiseaux ne chantaient plus, le monde était devenu noir, vide, silencieux, sans vie. Il s'était cloîtré dans sa chambre, il essayait vainement d'essuyer les larmes qui coulaient telles une cascade sur ses joues rouges. Une seule image de son aimée le rendait inconsolable. Au fond du désespoir, ses amis ne savaient plus quoi faire. Alors vint une idée à Benoît, le meilleur ami de Nathan, ils allaient visiter le Sud de la France. Un changement de paysage, d'atmosphère lui ferra le plus grand bien.
Aussitôt pensé, aussitôt fait, les trois amis achetèrent quatre tickets en direction du Sud. Le plus dur était de faire sortir Nathan de sa chambre. Benoît prit l'initiative, il entra comme un coup de vent dans l'entre, il vit son ami plié en quatre sur son lit. Il ne semblait pas le voir, ne semblait rien voir. Benoît ouvrit d'un geste brusque les rideaux, ouvrit les fenêtres en grand, et regarda le malade. Ce dernier avait légèrement tourné la tête, ces yeux rougis par les larmes fixaient avec répugnance son ami qui avait osé troublé ses pensées. Il voyait son ami s'approchait, à chaque pas il reculait, il ne voulait pas le voir. Soudain il ressentit un vive douleur sur sa joue. La main sur sa blessure, il dévisagea Benoît. Celui-ci ne regrettait pas d'avoir giflé son ami, c'était le seul moyen de le réveiller de ce cauchemar.
Ecoute-moi attentivement, annonça Benoît, dans deux jours on part avec Louis et Arthur, dans le Sud de la France. Tu as intérêt à être prêt, et à un peu oublier Magissa !
Sur ce, il s'élança vers la porte, et avant de sortir, il lui dit :
Elle aurait aimé que tu t'amuses, et non que tu fasses un dépression incurable. Crois-moi.
Quand il sortit, il ne vit pas le visage déplorable de Nathan, il venait de réaliser qu'il avait lâchement abandonné ses amis, qui avait toujours été là pour lui. Son cœur se remplit de remord.
Deux jours plus tard, les trois garçons attendaient devant le quai 7, ils avaient chacun une petite valise. Le trajet allait durer trois heures, et ils y resteraient trois jours. Nathan fut attendu par ses amis, mais ils savaient qu'il viendrait en retard, c'était dans ses habitudes. En effet Nathan arriva quelques minutes avant le départ du train, il tentait de sourire et de rire avec ses amis, mais une seule pensée de bonheur lui faisait songer à sa joie avec Magissa. Il tenta tant bien que mal de se cacher derrière un masque heureux pour nuire le moral de personne. Les trois heures de trajet se passèrent relativement vite. Arrivés à destination, ils trouvèrent leur hôtel. Il était petit étant donné que se situait dans un village, les chambres étaient simples, deux lits et une salle de bain. Benoît et Nathan prirent celle avec vue sur la falaise, et depuis celle de Louis et Arthur, au loin, ils pouvaient apercevoir la fête foraine. Le programme était simple : un tour près de la falaise, puis la fête, et finalement le dîner. Louis et Benoît étaient vautrés dans les canapés de la salle d'accueil, Arthur vint suivit de Nathan. Alors que Nathan évitait la table basse, inconsciemment sa main effleura le vase, qui pencha, tourna autour de lui-même, et tomba dans un immense fracas. Louis se dirigea pour récupérer les morceaux, Benoît s'excusa auprès de la réceptionniste, Arthur chuchota amusé « C'est le mauvais œil », et Nathan semblait n'être qu'un spectateur à cette scène. Benoît le prit par le bras sans toutefois réussir à le réveiller. Il sentait qu'il marchait, que ses pieds se mouvaient, que ses bras étaient bercés au rythme de ses jambes, que ses cheveux gigotaient devant ses yeux, que son cœur battait,  qu'il y avait des rires à côté de lui. Il redressa nonchalant sa tête, il comprit qu'il grimpaient la falaise.
Je suis désolé pour le vase, bredouilla-t-il.
Ces amis éclatèrent de rire. Ce n'était qu'un pauvre vase à trois euros ! Il finit par rire avec eux. L'humeur générale était mille fois meilleur. Quand ils furent au sommet, la vue leur coupa le souffle. Les vagues venaient mourir de chaque côté de la falaise, le vent remontait leur apportant un souffle salé, des mouettes voltigeaient autour de la mer. Une simple barrière rouillée évitait une mort certaine. Le fracas du flot empêchait toute communication, ils durent redescendre pour partager cette expérience. Le sourire rayonnait sur les quatre visages, submergés de bonheur, ils coururent tout au long du trajet, jusqu'à la fête foraine. Il y avait de nombreuses attractions, ils firent la grande roue, la maison des horreurs, finalement la maison au mille miroirs. Ils se perdirent rapidement, Nathan marchait sans songer à sortir, il se regardait, il avait une mine déplorable : c'était l’œuvre de la tristesse.
Tu étais mieux avec moi, susurra une douce et mélancolique voix.
Laisse-moi... S'il te plaît.
Il savait à qui appartenait ce timbre. Il n'osait pas regarder les glaces, il baissa les yeux.
Et pourquoi mon amour ? Tu m'aurais oubliée ? Reniée ? Effacée de ta mémoire ?, la voix se brisa.
Non, bien sûr, non.
Il tomba sur ses genoux, il voulait rendre ses amis heureux, il ne devait donc pas l'écouter.
Ils sont jaloux de moi, mais moi je t'aime, sanglota-t-elle.
Les larmes coulèrent doucement sur les joues de François, à contre-cœur, il souffla :
Je t'aimerai pour l’éternité.
Il souleva sa tête, se dévisagea : ses yeux étaient rouges et ses mains mouillées, une main légère était posée sur son épaule . Une jeune fille vêtue d'une simple tunique blanche, pieds-nus, une peau pâle, des cheveux foncés ondulés, se tenait derrière lui. Elle lui sourirait, et finalement se baissa pour l’enlacer.
Rejoins moi mon chéri, chanta-t-elle.
Magissa, soupira Nathan.

Il ne restait plus que Nathan et Benoît dans le labyrinthe, Benoît cherchait la sortie, il savait qu'il fallait rester sur un mur, et normalement, il trouvera la sortie. Cela n'avait pas l'air de fonctionner, étant donné qu'il s'est perdu dans ce méandre. Un bref instant, il aperçut une silhouette par terre, il s'arrêta, et l'interpella pensant qu'une personne avait eu un malaise. Il voulut foncer vers elle, mais se prit une glace. Il ronchonna, insulta le miroir, et les mains tendues devant lui afin de ne plus rien se prendre, il avança et chercha le malade en criant s'il allait bien. Il se retrouva derrière lui, l'homme était debout et marchait devant lui. Benoît reconnut Nathan, il avait la démarche d'un fantôme errant. Il n'osa pas l'appeler,  il avait compris ce qu'il lui était arrivé : il est retombé dans le gouffre du désespoir, là-bas les oiseaux ne chantaient plus, le paysage y était sombre, noire, vide, dénudé de sens, morose, et les secondes s'y écoulent lentement. Il ne pouvait suivre son ami, sans que celui-ci ne le voit dans un de ces mille miroirs. Il se résigna donc, et chercha la sortie. Il la trouva, non sans-peine, dehors l'attendaient avec des barbes à babas à la main ces trois copains, tous était radieux, même Nathan. Il lui demanda d'une voix blanche :
Est-ce que ça va Nathan?
Bien sûr, pourquoi dis-tu cela ?, lui sourit-il.
Je te pensais meilleur à ce jeux, plaisanta Louis.
Bon, il nous reste quelques trucs à voir avant que tout cela ne ferme, alors bougez-vous !, déclara Arthur.

La soirée se termina par des pizzas à emporter, et un bon film. Pendant tout ce temps, Benoît se demandait s'il avait rêvé... C'était bien Nathan qu'il avait vu dans le labyrinthe... Ou non ? Ou c'était une personne avec le même t-shirt et le même coiffure ?  Qui souffrait aussi de dépression ? Autant de coïncidences... Impossible... Ou non ? Il ne savait plus quoi penser, il avait une peur bleue de deviner fou à cause de cette maudite histoire. François paraissait normal, trop normal, trop heureux, trop insouciant, trop joyeux... Attends, est-ce que je doute de lui parce qu'il fait ce que je lui avais demander ? D'être simplement heureux et de profiter de ce voyage avec nous ? C'est horrible ce à que je songeais...
C'était un super film, exprima quelqu'un.
Un murmure d'approbation s'en suit, cela réveilla Benoît. Ah, oui le film, c'est vrai. Les deux garçons partirent, le laissant seul avec Nathan. Ce dernier était coincé dans sa hantise, alors que son camarade souriait, et dit qu'il fallait se coucher demain aller être une grande journée. Benoît hocha mollement la tête et se réfugia sous sa couette. Il s'endormit rapidement, peut-être voulait-il allait dans un lieu calme. Mais une petit voix l’incitait à se réveiller, elle martelait son cerveau endolori, et criait tant qu'elle pouvait. Benoît s'avoua vaincu, il ouvrit lentement son œil droit, et regarda dans le direction de son ami : un lit vide. « Mmhhh, il est parti aux toilettes », se rassura-t-il, son conscient lui envoya une image de François dans le labyrinthe, puis une où il était avec Magissa, puis une de...
OH Merde !, hurla-t-il à voix basse.
Il partit sans se changer, la clef de la chambre à la main, puis il courut. Il courut à en perdre le souffle, il courut pour sa vie, il courut à toute vitesse et avec difficulté, il courut. Il y arriva en moins de deux, et vit une silhouette au bout de la falaise.
Nathan!!! Fais pas l'con !!!! Reviens !
L'ombre se tourna vers lui, les vagues étaient douces et sereines, les deux personnes s'entendaient parfaitement.
Oh Benoît, pourquoi est-ce que tu es là ?
Mais pour toi !, cria-t-il.
Ca va très bien.
Il était derrière la barrière de sécurité, et se tenait avec une main, il semblait au comble de sa joie.
Je ne vais plus jamais être malheureux, continua-t-il.
Benoît ne savait pas quoi dire, tous ses arguments lui semblaient  bêtes et inutiles.
Tu ne l'entends pas ? La magnifique voix de Magissa, elle chante mon arrivée, elle fredonne mon nom. Elle m'attend depuis si longtemps, poursuivit-il.
Mais... Et nous ? Louis, Arthur et moi ?, bredouilla l'ami.
Vous... Magissa avait raison, vous n'étiez que jaloux de notre parfait amour. Et là, partie, vous essayez de me reprendre. Vous n'êtes que de vulgaires égoïstes.
Sa voix mélodieuse pour son aimée, devint forte et brutale en s'adressant à son « ami ».
Elle avait raison, mais je n'avais pas voulu l'écouter, elle avait toujours raison quand elle me disait que vous étiez mauvais. Tout le monde envie mon bonheur, et tout le monde m'en veut. Alors adieu maudit compagnon !, tonna-t-il
Nathan..., pleura Benoît.
Il détacha sa main, laissa faire la gravité, et murmura « Magissa », et chuta, puis les flots l’engloutirent, allèrent se fracasser sur le falaise, et le bruit de leur mort ressembla à une rire de jeune fille, un rire mi-joyeux, mi-satisfait.
Benoît s'effondra, et maudit cette fille qui lui enleva son meilleur ami.
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Magissa
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